Interview Clovis Cornillac (Belle et Sebastien 3)

07 février 2018

Interview de Clovis Cornillac

Pour la sortie du film "Belle et Sebastien 3" pour lequel il se retrouve à la réalisation, Clovis Cornillac a accordé un long entretien à Thomas Lage et à La Vigie. 

Un entretien à savourer, avant d'aller voir le film. 

 

Vous êtes à Toulouse ce soir pour présenter « Belle et Sébastien 3 », une suite.  Quel rapport avez-vous avec la ville de Toulouse et le public toulousain en particulier ?

 Pour moi, je ne fais pas de différence avec le public en général, c’est-à-dire, que je sois à Toulouse à Brest, j’ai l’impression qu’on est tous différents, avec nos régions, le rapport qu’on a à nos terres. Mais en termes de public, je ne pense pas qu’un public soit différent d’un autre. On est tous des humains, on est sensibles, on est curieux ou on l’est pas. L’avantage de Toulouse, c’est une ville qui a du choix culturellement. Je pense que pour les gens qui vivent à Toulouse c’est une chance que d’être dans une ville où il se passe des choses : il y a du passage, il y a des étudiants. C’est une ville riche, qui se suffit à elle-même. Mais vis-à-vis du public, j’ai le même rapport qu’avec tout le monde.

Vous présentez donc « Belle et Sébastien 3 » qui est le troisième avec trois réalisateurs différents. En quoi vous êtes-vous callé sur le travail précédent ? Qu’avez-vous apporté de personnel ? En quoi vous est venue l’idée de vous mettre derrière la caméra pour réaliser ce film-là ? Racontez-nous le processus qui vous a amené jusque-là.

Je ne veux pas être le critique de mon propre film, c’est-à-dire que si vous voyiez des différences, c’est vous qui les voyiez c’est votre métier pour le coup. Je ne sais pas ce que j’ai apporté. Moi ce que je sais, c’est que dès le moment où on m’a proposé de réaliser Belle et Sébastien et le moment où quand j’ai lu le scénario, ça m’a inspiré, j’avais envie de faire un film d’aventure, un film qu’on appelle populaire c’est-à-dire, au sens large du terme et sur un endroit qui pourrait nous réunir dans une salle de cinéma où peu importe nos âges, nos sexes ou nos milieux sociaux. C’est cette idée d’un cinéma pour tous mais qui ne soit pas vide, c’est pas parce que c’est pour tous que ça devient plat.

Par rapport aux autres films et sur l’idée d’une licence, très naïvement je n’y ai pas du tout pensé. Très sincèrement, à partir du moment où j’ai accepté de faire ce film, ce n’est plus devenu Belle et Sébastien 3, c’est devenu mon film. Et je pense qu’effectivement on a trois visions différentes, ce qui est plutôt riche je trouve dans une licence que d’avoir quelque chose de linéaire et c’est un autre traitement, c’est une autre façon de raconter cette histoire-là. Je trouve ça très chouette et en tout cas je me suis régalée et pour l’instant, jusqu’à maintenant, cette tournée à travers la France de présenter mon film elle est fabuleuse d’un point de vue personnel. C’est un film que je veux partager. Les gens sont super heureux et évidemment le fait qu’ils soient super heureux, ça me rend super heureux parce que j’ai pas fait un film pour qu’il reste sur l’étagère. J’ai vraiment fait un film, j’espère, pour le plus grand nombre, pas au sens bassement pécunier du terme, mais vraiment parce que le cinéma est un endroit que je trouve génial quand il est partagé.

Vous êtes le réalisateur de ce film-là mais vous êtes également le méchant. Vous avez pas forcément l’habitude de jouer ce rôle-là, encore plus dans un film comme ça, où on se prend vraiment d’affection pour le personnage du gentil, pour le chien. Comment est-ce que vous avez abordé ce rôle de méchant, parce que vous faites peur quand même ?

En fait, moi mon obsession de réalisateur c’est de réaliser le film que j’ai envie de faire. Pour moi, le rôle du méchant a vraiment une fonction donc il fallait que cette fonction soit remplie et je voulais qu’elle soit de cette ordre-là, c’est-à-dire pas justement d’un personnage psychologique mais d’un personnage qui serait plus une figure. La figure du mal, la figure du mauvais, la figure du salopard. Pour moi on renforce l’image des héros à partir du moment où ce qu’ils ont à vaincre, à lutter est d’autant plus terrifiant. Le fait de le jouer, moi jouer je joue depuis des années, je n’ai pas fait le film pour jouer dedans. C’était juste assez pratique pour moi de m’avoir sous la main, de gagner du temps en fin de journée à tourner les plans sur le méchant comme ça je pouvais vraiment me concentrer sur la réalisation et surtout sur les autres acteurs et sur la manière dont je voulais raconter cette histoire. Pour moi, c’est assez anecdotique d’avoir joué le méchant. Là où je suis très heureux c’est que quand les gens voient le film, effectivement le méchant a vraiment cette fonction-là. Il fait vraiment peur, on le déteste ! C’est ça qu’il fallait. Pour le coup, ce contrat-là il est rempli, ça marche. C’est ce que je voulais mais voilà j’ai pas le sentiment d’être plus méchant qu’avant, non non. 

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter à ce film-là ? Quel accueil vous voulez venant du grand public une fois que le film sera en salle ?

Je serai le plus ravi des hommes si ce qu’il se passe pendant toutes ces avant-premières dans toute la France devenait se concrétiser à la sortie du film parce que mon rêve vraiment, il est le partage. Une salle de cinéma je trouve ça génial, encore maintenant, je vais au cinéma le matin, la salle s’éteint, on est nombreux on est très différents les uns des autres dans une salle, et je me dis wah y’a une aventure qui va commencer. Cette notion de partage, et si en plus t’as aussi bien des gens de 90 ans que de 7 ans à côté de toi, si y’a des femmes, des copines, des couples. J’aimerais vraiment, et pour l’instant c’est ce qu’il se passe donc je suis le plus heureux mais, quand le film sera sorti on verra bien si les gens ont la curiosité d’y aller. En l’occurrence pour le moment, les gens qui sont venus sont très heureux, donc je peux souhaiter qu’une chose c’est que ça continue quoi.

C’est tout le mal qu’on vous souhaite, merci Clovis d’avoir été avec nous.

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